ETA qui épargne d’habitude la France, a tué deux gardes civiles espagnols. Un acte de panique qui révèle une fois de plus sa présence en France. Nicolas Sarkozy et José Luis Rodriguez Zapatero veulent mettre un terme à la base arrière de l’organisation terroriste.
ETA a frappé en France début décembre, deux gardes civiles ont été tués à Cap Breton dans les Landes. Repérés de manière «fortuite» par trois membres d’ETA, ils n’étaient pas armés et n’ont pas pu répliquer. Ils sont morts tout le »s deux d’une balle dans la tête. Un acte qui n’était pas prémédité et qui risque fort de déstabiliser l’organisation. Depuis quinze ans ETA se sert de la France comme d’une base arrière. Elle se fait discrète sur l’hexagone pour pouvoir héberger ses militants, les former et leur permettre de préparer plus sereinement des attentats visant l’Espagne. C’est la première fois depuis 1976, avec l’assassinat de deux policiers espagnols à la sortie d’un cinéma à Hendaye, que des indépendantistes basques tuent sur le sol français. Ces dix dernières années, des terroristes avaient déjà ouvert le feu sur les forces de l’ordre à Bordeaux et tiré à deux reprises sur des gendarmes lors de contrôles routiers mais ils n’avaient fait aucun mort.
Un rôle de base arrière dont la France aimerait se débarrasser. Depuis une quinzaine d’années, les polices françaises et espagnoles font cause commune. Une antenne permanente de la garde civile à Pau a été implantée. Une relation sur du long terme qui permet de doubler les moyens d’investigations souvent fastidieuses. En plus de se heurter à la complexité du réseau ETA, les autorités doivent faire avec l’omerta des zones bascophones. De gros moyens d’écoute et de filatures sont nécessaires pour localiser des terroristes qui, pour se financer, pratiquent encore un « impôt révolutionnaire » auprès des entreprises les plus riches. En septembre, les enquêteurs franco-espagnols avaient découvert 400 kg d’explosifs à Cahors, ainsi qu’un atelier de fabrication de voitures piégées. Depuis 2004, 40 % des interpellations de membres ou collaborateurs du réseau ont été effectuées sur le sol français. Des résultats encourageants, mais qui restent pour Nicolas Sarkozy le fruits de moyens insuffisants.
Pour y remédier, le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero et le président français se sont rencontré en marge du sommet euro-africain de Lisbonne. Ils ont fait le point sur la situation et établi une politique commune de lutte anti-terroriste où tout trouve son compte. La France d’une part qui ne tient pas à rester la base arrière d’ETA, l’Espagne d’autre part qui voit d’un bon œil cette coopération qui peut considérablement affaiblir l’organisation terroriste. La collaboration entre les polices françaises et espagnoles va être renforcée grâce à la mise en place de « missions conjointes ». Une équipe spéciale rassemblant policiers espagnols et français devrait voir le jour pour mener des investigations à plein temps. En tuant ces deux gardes civiles espagnols, ETA renforce l’entente entre les deux pays et met un peu plus son avenir en péril.
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