Alors que la diffusion de France 24 est bloquée par TF1, Sarkozy veut une vraie scène médiatique internationale à la CNN. Le projet de fusion de France 24, RFI et TV5 ne passe pas.
Dans sa grande politique de réforme, Nicolas Sarkozy s’attaque à l’audiovisuel. Son projet : rapprocher d’ici un an TV5, France 24 et RFI. Jaloux de CNN et BBC World, le président est en rogne contre nos médias tournés vers l’étranger, il jouit du soutient de Bernard Kouchner. Ce dernier estime que « faute d’un audiovisuel extérieur français puissant, on ne nous entend pas assez » et constate « l’éclatement de notre système, son manque de cohérence, de moyens, et le manque de visibilité».
Il n’a pas tord. France 24 est contrôlée par TF1 et France Télévisions, RFI dépend des ministères des Affaires Etrangères et de la Culture. TV5 est francophone et non française, détenue par des télés suisse, canadienne et belge. Les contribuables paient pour France 24 qui n’est pas diffusée sur le territoire. La cause, le blocage de TF1 qui ne veut pas faire d’ombre à sa chaîne LCI. France 24 vient d’être éliminée des bouquets ADSL pour la même raison.
Le « comité de pilotage » chargé du dossier peine à se faire entendre. Le gros holding à trois est d’ores et déjà oubliée. Les actionnaires de TV5 refusent toute fusion alors que France 24 et RFI ne sont pas copines. Un projet de holding des deux chaînes aboutissant à un nouveau portail web a été proposé, en vain.
Pour Stanislas Leridon, directeur internet de France 24, RFI est une chaîne vieillissante, composée de journalistes moins bien payés et qui manquent de polyvalence. Il affirme sur Rue 89, « nos différences actuelles seront au mieux des freins au pire des handicaps, en aucun cas sources d’enrichissement mutuel ». Noëlle Velly directrice de l’antenne multimédia RFI répond que « France 24 brandit, comme autant de pseudo vérités, des réalités douteuses ».
Un projet de simple association entre les trois chaînes, pour un site, sorte de vitrine des meilleurs produits, plane dans l’air. Une bien maigre avancée. Une fois de plus les intérêts économiques que représentent les chaînes se font au détriment de l’information. Il faut noter que la France est le seul pays a intégrer des actionnaires privés dans des chaînes à vocation internationale.
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